Publications - Extraits

Extrait d'un discours de parrainage civil : 

 

« La notion de parrainage républicain date du décret du 9 juin 1794 qui décidait que seules les mairies seraient habilitées à établir les actes de l’état civil. Ces cérémonies se sont ensuite multipliées tout au long de la période révolutionnaire, mais malheureusement elles n’ont jamais été légalisées par un texte. C’est pourquoi le parrainage civil a été peu à peu oublié jusqu’à presque disparaitre puisque personne n’en parlait, ni ne le proposait aux parents qui n’avaient, de ce fait, d’autres alternatives que le baptême religieux ou pas de baptême du tout.

Alors aujourd’hui, permettez-moi de vous féliciter d’avoir choisi à votre tour, de faire parrainer votre enfant car vous le faites entrer, de cette manière, dans la communauté républicaine. Vous adhérez et vous le faites adhérer aux valeurs de notre démocratie, et vous prenez l’engagement de l’éduquer à la citoyenneté, à la laïcité et à la démocratie.

 

Est-il besoin de rappeler que ces valeurs sont le fondement de la vie en société et combien il est donc important que les enfants entendent dès leur plus jeune âge l’intérêt indispensable que nous devons tous porter à notre démocratie pour qu’à l’âge adulte la vie citoyenne ait autant d’importance que la vie personnelle. Il n’y a de vie personnelle harmonieuse que parce que nous vivons dans une démocratie et pour la faire vivre et progresser, l’avis de tous les citoyens est requis, le parrainage civil étant le premier pas vers l’implication dans la république laïque. »


 

 

 

 

 

 

Réalisation d'un beau livre pour une amie à l'occasion des 18 ans de son fils adoptif

« Nous avions des vaches, des moutons, des cochons, des poules, un chien. Nous, les filles, devions aider nos parents au travail de la ferme, j’aimais bien ça, mon père disait souvent de moi « celle-là, plus tard, elle me vaudra un valet ! ». Louisette emmenait les vaches au champ, moi j’emmenais les moutons. Il fallait surveiller les animaux pour qu’ils n’aillent pas brouter dans les champs d’à côté ou dans la vigne ; à cette époque, il n’y avait pas de clôture. Le chien était là aussi pour nous aider. »

...

« Quelques jours après notre mariage, Raymond est parti à la guerre d’Algérie, il avait 24 ans, avait déjà fait son service militaire et avait été rappelé pour être combattant. C’était la dernière année où des jeunes gens avaient été rappelés sous les drapeaux pour la guerre. Il y est resté six mois, il est revenu en novembre 1956, Danielle était née le 13 juillet 1956. C’est pour ça qu’en plaisantant, il disait souvent en parlant de Danielle, on m’a dit que c’était ma fille, je veux bien le croire mais je n’étais pas là quand elle est née. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réel plaisir à réaliser ce livre avec Anne-Marie !

 

 

 

« …Tu es éveillé. Je ne sais pas ce que tu fais avec tes bras, tes mains, tes pieds, mais après avoir fait des bises, il n’était pas question de te déranger dans ton délire. Je reste donc à l’écart. Tu chantes ? Tu cries ? Tu regardes tes jambes en les bougeant un peu et je pense que parfois tu cries de colère.

 

Tu n’as pas faim apparemment puisque pour l’instant tu as dit « non » aux fruits et à la banane. Je passe devant ton lit, tu me vois mais tu continues à regarder tes jambes bouger avec des gestes des bras. Oui c’est sûr, je vais vers lui et je lui dis que ce sont ses jambes qui lui posent problème, alors il crie d’une grande colère. Je lui dis que je sais sa grande colère et il gémit en regardant ses jambes. J’ajoute que je comprends sa colère mais que ce n’est pas ma faute. Que ses jambes ne peuvent pas faire ce qu’il voudrait qu’elles fassent et qu’il a une grande colère en lui. Il essaie de bouger de plus en plus ses jambes. Il se plaint. C’est difficile pour lui qui est conscient de ses jambes qui ne peuvent pas marcher et pour moi qui vois sa souffrance psychologique. Il se tape la tête avec le poing gauche… »